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Du 5 au 11 mai, la 2e édition de « Route Nationale 7 Historique » fut un réel succès pour les 41 équipages sélectionnés.
De Fontainebleau à St-Raphaël, la route la plus célèbre de France a servi de fil conducteur pour ce voyage d'une semaine qui a fait découvrir ou redécouvrir les charmes des routes d'autrefois quand conduire une automobile était un réel plaisir teinté d'aventure et sans contrainte temporelle.
C'est au Novotel de Ury-Fontainebleau que les organisateurs avaient installé leurs quartiers pour la réception des concurrents et le contrôle technique le dimanche 5 mai. La plus ancienne voitur e du plateau était l'imposante Cadillac Convertible 1937 de Koen De Rijcker. Daniel Stevens et Joël Courtois, du Club Belge des Anciennes Citroën, se présentaient, l'un avec une luxueuse CitroënTraction décapotable 1939 sortie des chaînes de fabrication anglaises, l'autre avec une berline 1950. Maurice Smeyers, grand collectionneur de DKW et spécialiste du moteur 2 temps, avait choisi un rare cabriolet 3=6 de 1956, construit chez Karmann à 142 exemplaires seulement.
On pouvait également admirer une splendide Jaguar XK120 Coupé 1954, 2 Austin Healey 100/4, une Jaguar MKII, une Chevrolet Corvette 1961, 2 cabriolets Alfa Roméo : une Guilia (ex-Giulietta) 1962 et une rare GTC 1964. 3 modèles Volvo : une 544, une PI 800 et une Amazon, étaient également au départ avec une BMW 2000 cs, une DS 21 cabriolet, une Ferrari Daytona et les habituelles Porsche 356, 911, MG, Triumph, VW, Lancia Zagato, Mercedes Pagode, Mini, Clenet et autres Alfa Roméo. La plus typique et la plus originale de toutes était bien sûr la très belle Citroën Ami 6 de Thierry Dubois, Monsieur Nationale 7, auteur du livre «La Route Paris-Côte d'Azur», illustrateur notamment au journal « La vie de l'Auto », qui conseille et soutient les organisateurs.
Le dimanche 5 mai, dès 13 H, la Cadillac était la 1ère a s'élancer en direction du Château de Fontainebleau puis, par des chemins de traverse toujours pittoresques, rejoignait la Nationale 7 pour passer le « Relais des 100 bornes», la chapelle Notre-Dame de la Route et s'arrêter à mi-étape au Pont Canal de Briare où la caravane du rallye fut accueillie par Monsieur Broual et son fils, propriétaires de F ancien musée automobile de Briare sur la Nationale 7.
Après une petite escapade du côté de Sancerre et Pouilly, tous se retrouvaient le soir à l'Hôtel du Circuit de Magny-Cours où les mécanos passaient une partie de la nuit à ressouder le carter d'huile de l'imposante Clenet.
Dès 8 H le lundi matin, les concurrents reprenaient la route vers Bessay-sur-Allier, un des villages les plus authentiques sur la N7 avec le contrôle de passage au garage Langeron, garage Citroën ouvert en 1919 par l'aïeul du propriétaire actuel. Après la visite du Château de Lapalisse, toute la caravane du rallye était reçue à Changy, sur un tronçon de Nationale 7 dévié en 1955 et devenu propriété privée, un véritable témoignage du passé qui confirme l'étroitesse originale de cette route bordée d'arbres et que l'on imagine dangereuse avec le trafic de l'époque.
Après une halte gastronomique le midi au Barrage de Renaison, où la famille Dinet propose depuis 1954 sa cuisine traditionnelle, le rallye affrontait les routes sinueuses et pentues des Monts du Forez jusque la Chaise-Dieu et Puy-en-Velay.
Le mardi, tous repartaient à l'assaut de ce que l'on a appelé le juge de paix du Rallye Monte-Carlo (l'ancien, le vrai ...), en passant par le Gerbier du Jonc, le Col de la Fayolle, Lachamp-Raphaël, Mezilhac, pour arriver le midi à l'Hôtel duVivarais à Vals-les-Bains, réputé pour la qualité de sa cuisine.
L'après-midi, ils affrontaient le Col de la Croix de Bauzon en passant par La Souche puis par le Parc National des Cévennes, pour arriver le soir au Domaine du Golf de Grospierre à Ruoms.
Bien que s'éloignant du tracé de la Nationale 7, les organisateurs veulent d'une part éviter les villes et agglomérations mais d'autre part retrouver des routes typiques du passé, sinueuses et peu fréquentées, de quoi apprécier la conduite si particulière de ces voitures d'un autre âge mais aussi éprouver la mécanique et son pilote.
C'est au cours de cette étape que la Porsche 356 se de l'équipage Luyx-Busquin cassera son moteur.
L'après-midi, c'est l'Austin Healey de Monsieur Calicis que l'équipe d'assistance dépannera en soudant, sur la route, la commande d'embrayage brisée. Si la Porsche finira sur le plateau de dépannage, l'Austin Healey repartira sans problème ! Pascal, le mécano, sera mis à rude épreuve cette année ! Il démontera aussi le réservoir de la Volvo P1800 de Monsieur Dehon qui connaît des problèmes d'alimentation ...
Le mercredi matin, les concurrents repartaient pour une seule demi-étape, passant par Vaison-la-Romaine, les dentelles de Montmirail, les gorges de la Nesque, le Plateau d'Albion et ses fameux champs de lavande, Simiane-la-Rotonde et enfin St-Michel l'Observatoire où la réception par la municipalité fut telle l'an passé, que l'on décida cette année d'y passer l'après-midi, la soirée et la nuit !
Après le repas de midi et l'accueil chaleureux du Maire, Monsieur Péta et des membres de l'Association des Sports Mécaniques de Manosque, les concurrents partaient découvrir et visiter l'Observatoire de Haute-Provence. Ensuite, un rallye pédestre cette fois leur faisait découvrir les ruelles de ce charmant village typiquement provençal. Enfin, le bal musette du soir fut précédé d'un concours d'élégance où chaque véhicule était présenté au public.
Dès 8 H le jeudi de l'Ascension, les premiers à s'élancer pour l'ultime étape sont les plus courageux (le bal s'est en effet terminé tard dans la nuit !). Et c'est sous un ciel plombé qu'ils parcourent le pays de Jean Giono, Forcalquier, en direction de la Montagne de Lure puis des Mées et de ses rochers typiques, pour atteindre Barème et la Route Napoléon.
Les Gorges de Daluis étant fermées pour cause d'éboulement, tous iront directement à l'étape de midi, à Puget-Theniers, sous un soleil enfin retrouvé. L'ultime demi-étape fera une fois de plus référence au Rallye Monte-Carlo avec Puget- Thenier, Pont des Miolans, Aiglun, le Mas et le Col de Bleine, Callian, Bagnols-en-Forêt, pour enfin rejoindre la Nationale 7 qui conduira tout ce petit monde jusqu'à l'Hôtel Maeva situé dans le Golf de Valescure à Saint-Raphaël.
Le vendredi fut une journée de repos bien méritée où la plupart des participants ont bichonné leurs véhicules pour le défilé en ville orchestré, sans fausse note comme il se doit, par la police locale.
La soirée de gala et de clôture fut rehaussée par la présence des Autorités Municipales et l'Office du Tourisme de Saint-Raphaël qui apportent un soutien appréciable à cette belle organisation : la Nationale 7 et son histoire ici commémorée, c'est aussi une page de l'histoire de la France moderne qui est évoquée, non seulement avec la voiture ancienne. Mais outre ce patrimoine technologique, c'est aussi et surtout l'histoire du transport de masse, individuel, c'est l'histoire des lers congés pour tous, de la gastronomie française si réputée, de la découverte des routes d'autrefois et des régions à l'histoire si fertile et aujourd'hui oubliées avec la construction des autoroutes.
A ce titre, et les Autorités de Saint-Raphaël l'ont parfaitement compris, la « Route Nationale 7 Historique » est une organisation qui s'inscrit dans leur calendrier des manifestations culturelles.
Ce voyage de Paris aux rivages de la Méditerranée constitue le moyen le plus abouti de vivre pleinement sa passion pour l'automobile ancienne, voyage qui se nourrit aussi et surtout de rencontres avec des hommes, des femmes, tout au long de cette route légendaire : leçon d'humilité, d'enrichissement et sans doute de sagesse aussi.
Seuls, les hommes d'avenir ont un profond respect des traditions et du passé, comme l'a rappelé Michel Dartevelle lors du discours de clôture, faisant référence à l'énorme travail accompli par Monsieur Nationale 7, Thierry Dubois depuis de nombreuses années, pour faire revivre les plus belles routes de France, la plus célèbre étant bien sûr la Nationale 7, comme le chantait si bien Charles Trenet.
Enfin, la soirée de gala fut présidée par Monsieur Paul Frère, Président d'Honneur de Route Nationale 7 Historique, qui émerveilla encore l’assemblée par sa gentillesse, sa disponibilité pour tous, ses souvenirs d'une carrière fertile en sport automobile, riche de nombreuses victoires, dont celle des 24 Heures du Mans en 1960 avec Olivier Gendebien sur Ferrari.
« La légende de la Nationale 7 s'est forgée au fil de l'histoire, sa renommée s'est faite sur 40 ans. L'autoroute l'a supplantée dans les faits, mais son souvenir persistera encore longtemps ... particulièrement pour ceux qui ne l'ont pas connue à la grande époque « (Thierry Dubois, extrait du livre « La Route Paris-Côte d'Azur »).
Tous ont promis de revenir fan prochain !
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