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Reportage

Organisée du 22 au 29 mai 2005, la 5e édition de « Route Nationale 7 Historique » a de nouveau fait le plein de « super » !

Au fil des ans, la philosophie de cette traversée bucolique de la France s'est affirmée et affinée : plutôt que de prendre une Route Nationale 7 (Paris-Lyon par le Bourbonnais) ou une Route Nationale 6 (Paris-Lyon par la Bourgogne) puis de filer vers la Côte d'Azur par la nationale la plus célèbre de l'Hexagone au tracé fortement modifié et dénaturé avec ses voies rapides, déviations et autres ronds-points, l'organisateur en a fait une épreuve qui aura toujours un tracé Nord-Sud se terminant invariablement sur la N7 à Saint Raphaël en bord de Méditerranée, mais dont l'itinéraire et la ville de départ seront axés une année sur deux sur la N7 ou la N6 et une année sur 2 au départ d'une autre région de France. Le parcours emprunte d'ailleurs peu de nationales mais plutôt des départementales ou autres chemins peu fréquentés et se rapprochant le plus souvent possible de ce que furent les routes d'autrefois.

Les passages sur les mythiques Nationales 7 ou 6 sont régulièrement sélectionnés sur les conseils de Thierry DUBOIS, « Monsieur Nationale 7 » et auteur du livre « La Route Paris- Côte d'Azur », afin d'y retrouver certains tronçons restés particulièrement authentiques. Exceptionnellement, et pour fêter le 5e anniversaire de cette balade sur la route des vacances, 86 équipages avaient été sélectionnés (et presque autant figuraient sur la liste d'attente !). La plus ancienne du plateau était la splendide Bugatti type 40 1927 de Jean-Marie et Françoise Léonard (déjà vus en 2001 avec une Jaguar type E V12 et en 2003 avec une MG TD). Habitués aussi à l'épreuve, Joël Courtois et Daniel Stevens, du Club Belge des Anciennes Citroën, étaient présents l'un avec une Traction 1951, l'autre avec un rarissime cabriolet 1937 fabriqué en Angleterre. Elles accompagnaient leurs cadettes : DS 21 cabriolet, DS berline et Méhari. Laurent et Marthe Krier renouvelaient le voyage avec leur Peugeot 203 1951, tout comme Nino et Odette Mezzo et Willy et Livine Swaelens avec 2 magnifiques Lancia Aurélia B20.

Les mythiques sportives anglaises étaient inévitablement du voyage : Jaguar XK 120 et type E, Triumph TR3, TR4, TR5, Austin Healey, Fort Cortina Lotus, Daimler SP 250, MGB, une rarissime et magnifique Sunbeam Rapier, Jensen Healey, 2 Aston Martin DB6 et la DB4 des Suisses Edouard et Ghislaine Corday (déjà vus avec une Wanderer 1937 et une Triumph TR3 1961) acquise à son 1er propriétaire, un brasseur de Neuchâtel, en 1967. Les fidèles amis bordelais, Bernard et Marie-Hélène Rolland, et leur Mercedes 350SL, en étaient à leur 5e participation.

D'autres modèles se disputaient l'originalité du plateau ; pour les italiennes : 2 Alfa Roméo Giulia SS, une Montréal, des coupés Giulia et cabriolet Giulietta (rebaptisé Giulia en fin de production) ; pour les allemandes : Porsche 356 de tous âges dont l'originale et rare Speedster 1957 d'Adolphe Hemblenne, une 912 Targa à vitre souple, les redoutables 911 (une 2 L de 1966, une 2,4 Targa et la RS 2,7 1973 de Patrick Valentyn), 3 BMW : une rarissime 503 construite à 273 exemplaires, une 2002 Touring et un coupé 2000 CS ; un cabriolet DKW 3=6 produit à 142 exemplaires chez Karmann à l'aube des années 50. On retrouvait également avec bonheur la dernière vraie voiture de prestige française, l'élégante Facel Vega de Guy et Frieda Mauroit ainsi que 2 Apal (1 coupé à moteur Porsche 1965 et 1 Speedster à mécanique VW), 1 imposante Corvette 1961, la Ford Mustang 1965 de Nestor et Christine Dorignaux (secrétaire de l'Amicale des Véhicules de Collection du Centre) et les Volvo 544 et Amazon.
Enfin, le « Classic Club » de Franck Wauthier, spécialisé dans la location de véhicules historiques, avait inscrit pas moins de 5 voitures : Austin Healey 3 L, Dino 246 GT, MGB, cabriolet Ford Mustang et Triumph TR5 6 cylindres.

Voilà pour la présentation des véhicules qui allaient affronter les quelque 1300 km de routes nostalgiques jusqu'aux rives de la Méditerranée : un itinéraire terriblement sinueux et exigeant mais toujours pittoresque à découvrir au fil des 3 road books réalisés par Robert Rorife (une référence célèbre dans le monde du rallye historique). Yves Deflandre arrivera tard dans la nuit après avoir résolu un problème d'allumage sur son Austin Healey. Pour Pierre Busquin, c'est plus grave puisqu'une soupape du moteur de sa VW coccinelle ira fusionner avec la tête de piston, immobilisant au bord de la route le petit scarabée bleu avant même le départ.

C'est à Troyes que tous les concurrents sont accueillis le samedi 22 mai et après le traditionnel contrôle administratif pour remettre les carnets de route, road books, badges, serviettes, casquettes, laissez-passer, etc., la soirée d'ouverture récompensera les concurrents ayant participé aux 4 éditions précédentes.

Le dimanche 23 mai à 7 h 31, la Bugatti type 40 est la 1ère à s'élancer en direction du Parc Naturel Régional et du lac de la Forêt d'Orient, jusque Ville sur Arce où une dégustation de Champagne est prévue. Tout le monde repart ensuite en direction de l'Abbaye de Fontenay fondée en 1118 par Saint Bernard et classée patrimoine mondial de l'Unesco en 1981. La pause de midi divisera, l'espace d'un repas, les automobilistes devenus gastronomes ! Une moitié fera halte au Château de Malaisy construit à Fain les Montbard par le Seigneur et Comte de Cormaillon, l'autre moitié s'arrêtera au Château de Sainte Sabine (qui a donné son nom au village au XIIe siècle), fier de ses 8 hectares et de son parc animalier. Le soleil retrouvé et le ciel bleu ne quitteront plus le rallye jusqu'à son terme. Après les 217 km du matin, l'étape de l'après-midi semble courte puisque seulement 30 km sont nécessaires pour se rendre au Château de Savigny les Beaune bâti sur 12 ha au cœur de la Bourgogne et plus précisément de la Côte de Beaune. Outre la visite du château, un musée du vin et des tracteurs vinicoles, le domaine abrite aussi une collection à ciel ouvert d'avions de chasse (la plus grande au monde), une collection de 300 motos mais aussi et surtout une fabuleuse collection d'Abarth.

Les concurrents emprunteront ensuite la Nationale 6 entre Bel Air, point culminant de la RN6 à 563 m, (le célèbre Relairoute est maintenant en ruine et son nouveau propriétaire projette de le faire revivre !) et la Rochepot où la descente et la remontée à 8% étaient à l'époque la terreur des poids lourds.

Aussi loin que puisse se porter le regard, les vignobles sont partout, à perte de vue, notamment ceux de Puligny et de Chassagne-Montrachet. Peu avant le terme de la 1ere étape à Chalon sur Saône, le parcours quitte la Côte d'Or pour la Saône et Loire. Ce soir, chaque concurrent recevra une tasse imprimée de l'affiche 2005 et de son prénom. Dans la famille Kelper, la solidarité n'est pas un vain mot puisque les 2 BMW abandonnent ensemble : la sublime 503 du père venue de St Raphaël a cassé son gros V 8 et la 2002 Touring du fils venue de Belgique a cassé sa suspension ; qu'importe, ils continueront le voyage dans un véhicule de remplacement et remettront sur le champ leurs inscriptions pour 2006 !

Mardi 24 mai : le rallye file plein sud en direction de la Nationale 7 et, après avoir visité l'Automusée de Chauffailles, Eddy et Monique (l'équipe de sommeliers) ont monté leurs tonnelles pour recevoir tout le monde autour d'une dégustation régionale et ce au croisement de la D 10 et de la D38 (ancienne Nationale 7), dans la Montagne Tarare.

La Bugatti, partie la 1ère le matin, arrive aussi la 1ère à la pause et étonne tout le monde par sa fiabilité et sa vélocité : jamais la Cortina Lotus de Claude et Franchie Duhem partie 5 minutes plus tard ne parviendra à reprendre du terrain au bolide bleu. Les départementales empruntées permettent souvent de rouler des kilomètres de liberté sans croiser le moindre véhicule. Après la traversée du petit village de Machezai (toujours sur l'ancien tracé de la N7), les voitures partent à l'assaut du Col du Pin Bouchain, point culminant de la N7 à 760 m, qui gravit la Montagne Tarare à travers les Monts du Lyonnais et découvre des vues splendides sur le Massif Central. Après les 180 km parcourus depuis Chalon, la halte du midi au restaurant Le Chatard à Sarcey est la bienvenue et permet de faire la connaissance du viticulteur local, de son chef de cave et bien sûr de déguster la production locale. L'après-midi, la terrible agglomération lyonnaise est contournée au sud par des voies désertes traversant Momant, Condrieu et la Côte St André. Cette demi-étape longue de 187 km est agrémentée à mi-parcours d'une halte à F Auberge de l'Ivery à Serre Nerpol où le patron a fait étalage de son talent de charcutier : rosette de Lyon, rillettes, saucisson, tête de veau et fromages divers sur un lit de pain campagnard ; certains gourmands y sont restés plus d'une heure ... Un amateur suisse, resté cette année sur la liste d'attente avec une Jaguar MKII (et donc inscrit pour 2006), a même fait un déplacement de 600 km pour venir voir passer les voitures et faire connaissance de l'un ou l'autre.

C'est par la Forêt des Clapiers et la Route des Ecouges que sera atteint le Grand Hôtel de Paris à Viiïard-de-Lans au cœur du Parc Régional du Vercors. Pas de chance pour Mike Tempels qui avait confié le volant de sa sublime Apal Porsche à sa charmante épouse : le moteur de la voiture victorieuse du concours de présentation de l'an dernier (3000 h de travail pour la restauration totale) a rendu l'âme. Pascal et Nicole Cantraine, les « Saint-Bernard » du rallye avec leur camion atelier, ont de nouveau réalisé des prouesses au service des concurrents et toujours sans se départir de leurs sourires, veillant à la bonne santé de certaines mécaniques. Leur simple arrivée (tardive, comme chaque soir) dans la salle de restaurant a provoqué spontanément une « standing ovation » ! Ce soir, tous recevront un exemplaire du nouveau livre de Thierry Dubois : « La Route Paris-Côte d'Azur » — petite histoire des Nationales 5, 6 et 7 et de la Route bleue entre Paris et Menton.

Mercredi 25 mai : les longues étapes sont terminées, le Sud ouvre ses portes et la Bugatti qui tourne comme une horloge est fidèle au poste à 8 h 31 au départ de l'étape montagneuse qui traverse le Vercors sur les traces du Rallye Monte Carlo. Après avoir quitté Villard-de-Lans par les Gorges de la Bourne, les petits virages invitent à flirter entre roche et précipice : la route est creusée dans la paroi et souvent la roche surplombe la voie de circulation.

Après les Baraques en Vercors, c'est l'ascension du Col de Carri, du Col de la Machine et la descente jusque St-Jean-en-Royans puis de nouveau l'ascension du Col du Pionnier et de la Portelette. Après la visite émouvante du Mémorial de la Résistance, Eddy et Monique ont installé leur pause rafraîchissante dans la descente du Col de Rousset. L'après-midi fera encore honneur à une étape mythique du Rallye Monte Carlo puisque de Châtillon en Diois, c'est par St Nazaire le Désert et les cols de Lescou et de la Sausse que le rallye quitte la Drôme pour le Vaucluse et retrouver la Nationale 7 à Piolenc, au nord d'Orange. Inévitablement, une halte s'imposait chez l'ami Jean-Pierre SERGUIER, viticulteur exploitant du domaine du Château Simian mais surtout, c'est dans ses locaux qu'à été ouvert le musée « Mémoire de la Nationale 7 ». L'inauguration s'était par ailleurs faite le jour du passage de RN7 Historique en mai 2003. Le musée, incontournable pour tout amoureux de la Nationale 7, retrace l'histoire de la route liée au village de Piolenc, autoproclamée « capitale mondiale de l'ail » ! et dont l'activité économique a été intimement liée à la route. Après la visite du musée, le traditionnel verre de l'amitié était offert par le viticulteur avec remise à chaque concurrent d'une bouteille de vin « Nationale 7 ».

C'est par la Nationale 7 que les concurrents rejoindront Orange, en contournant le majestueux arc de triomphe (construit en 26 avant JC). Jeudi 26 mai : l'heure est à la cuisine à l'huile et au rosé frais, les tuiles sont omniprésentes sur les toits, l'architecture préserve du soleil et non de la pluie, le chant des cigales est apparu, les vignobles alternent avec les champs d'oliviers et les heureux propriétaires de cabriolets hument des parfums de thym et de lavande. Aujourd'hui, le rallye traverse la Provence.

C'est par les Dentelles de Montmirail et le Cirque de Saint Amans que les autos arrivent au pied du Mont Ventoux qu'elles vont gravir jusque 1912 m dans le calme et la fraîcheur du petit matin. C'est par le Plateau d'Albion et ses champs de lavande à perte de vue que se fait l'entrée dans les Alpes de Haute Provence. L'apéritif du jour, accompagné de tapenade et d'anchoïade, se prenait au Moulin Arizzi, au Mas des Pins, après être passé au pied des célèbres Pénitents des Mées. Ce domaine comprenant un mas du 17e siècle entièrement restauré et que tous ont visité, produit l'huile d'olive de sa propre production, à l'ancienne, et fournit notamment l'Hôtel Georges V à Paris. C'est à Château Arnoux que les 10 voitures du Sant Rafeu Auto Collection, emmenées par leur Président, Pierre Schemid-Farine et sa fidèle Peugeot 203 noire, rejoignaient le groupe : Ferrari, Porsche, Triumph TR3, Mercedes SL, Alpine Berlinette, Peugeot 203, Renault 4 cv ainsi que la magnifique Citroën B14 Torpédo 1927 sortant tout juste de restauration et venue de Grasse de François et Brigitte Brumeaux. Et si les dames étaient ravies de la visite du matin, l'après-midi leur réservait de nouvelles surprises puisque le karting qui était prévu à Manosque (sur la piste de l'ex-pilote Maurice Chomat) leur était exclusivement réservé. Si l'une ou l'autre était quelque peu réticente au départ, il faut bien avouer qu'après la la 1ère série chronométrée, les commentaires élogieux de cette expérience pour la plupart unique ont déchaîné de véritables passions, sur la piste d'abord où ces dames se sont prises au jeu mais aussi dans les stands sous les encouragements de leurs pilotes habituels ! A l'issue de toutes les séries, c'est Béatrice Wansart, copilote de son mari Michel sur une Austin Healey Le Mans, qui remportait la course.

Enfin, après une visite à la fabrique de parfums L'Occitane et la remise d'un sac cadeau, tous allaient regagner leurs différents hôtels pour un petit repas et un brin de toilette rafraîchissante.

A 18 h 30, la petite centaine de véhicules quittait Manosque pour rejoindre, à 13 km, le village typiquement provençal de St Michel l'Observatoire où l'organisateur avait fait venir un accordéoniste et où, comme d'habitude (c'est le 4e passage du rallye). Monsieur le Maire, André Péta, et son Comité des Fêtes offraient un apéritif somptueux sur la place, au centre du village, où les tables avaient été dressées pour recevoir 250 convives ! Le son de l'accordéon, le soleil, le ciel bleu, le rosé frais, l'odeur des 250 côtes de bœuf sur le grill (et oui !) et partout des voitures historiques : un peu de bonheur pour les villageois et les concurrents qui auront goûté aux joies d'une soirée provençale, loin du confort ouaté des hôtels de luxe. Vers 22 h, à la tombée de la nuit, tous repartiront jusqu'au Centre Scientifique d'Astronomie où les chercheurs et astronomes se sont chargés de faire découvrir à travers les lunettes astronomiques quelques secrets d'un ciel étoile ; c'est d'ailleurs à St Michel F Observatoire que l'on trouve le ciel le plus pur de France, avec un ensoleillement de 300 à 320 jours par an, c'est pourquoi, en 1937, on y a construit l'Observatoire de Haute Provence. Pour une fois, la Bugatti sera la dernière à partir, accompagnée de la Porsche 356 cabriolet d'Etienne et Pascale Paisse et de l'Austin Healey d'Yves et Dominique Deflandre : ils quitteront les terrasses du village vers 1 h 30 sous l’œil particulièrement bon enfant de la maréchaussée locale ! ! ! !

Vendredi 27 mai : l'ultime étape est traditionnellement courte puisque les 160 km de la journée seront couverts en 4 heures entre Manosque et la Méditerranée. Les plus anciennes sont fidèles au poste et à leur heure de départ : 9 h 31 pour la Bugatti, suivie de la Citroën B14, des 2 Tractions et de la Jaguar XK120. Plus la matinée avance, plus les kilomètres s'affichent au compteur et plus les localités traversées laissent humer un parfum de vacances, de Méditerranée et de destination : Gréoux les Bains, Esparron du Verdon, Tourtour, Vidauban où le rallye retrouve la Nationale 7. Le Massif des Maures est traversé par la Bastide Rouge et le Col de Grateloup jusque Ste Maxime où les concurrents longent enfin la mer promise et des plages particulièrement désertes en dépit du soleil de mai. Bien vite, Fréjus est atteint, quelques kilomètres de N7 et, à 13 h 30, la 1ère voiture arrive dans le splendide domaine du Golf de Valescure, à l'Hôtel Maeva, où un buffet attend les affamés au clubhouse du golf. Tous y sont finalement arrivés et parfois grâce à Pascal Cantraine, le magicien de la mécanique : la Corvette 1961 d'Edmond et Marie-Thérèse Deckx a retrouvé sa commande de boîte déréglée, elle a aussi retrouvé le chant de ses 8 cylindres (après en avoir perdu 1 ou 2 en cours de route), la Méhari a retrouvé un nouveau pointeau de carburateur et la Porsche 911 RS de Patrick Valentyn a enfin des vis platinées en ordre après le dysfonctionnement chronique de celles-ci à chaque sollicitation un peu trop sportive de son pilote. François Brumeaux a retrouvé, sur le parcours, un pneu pour sa Citroën B14 après 2 crevaisons consécutives. Comme d'habitude, les 2 Citroën Traction et bien d'autres n'ont pas ouvert leurs trousses à outils et la Bugatti type 40 a laissé tout le monde béat d'admiration devant une telle merveille. La soirée dansante, sous le signe de la chanson française des années 50, a été honorée, comme à l'habitude, par la présence de Monsieur Paul Frère, Président d'Honneur de Route Nationale 7 Historique.

Chaque année, Michel Dartevelle présente la carrière de ce pilote d'exception et cette fois, c'est l'année 1959 (1 an avant sa victoire sur Ferrari au Mans avec Olivier Gendebien) qui fut mise à l'honneur quand Paul Frère a terminé 2e des 24 H du Mans sur Aston Martin associé à Maurice Trintignant ; un modèle réduit de sa DB 3 R lui a été offert. L'ami Georges Hacquin, qui à 81 ans en est à sa 5e participation à RN7 Historique sur Alfa Roméo, a lui aussi été mis à l'honneur : un modèle réduit de la Porsche 550 RS n°60 (de l'équipe nationale belge qu'il partageait au 24 H du Mans 57 avec Claude Dubois) lui a été remis.

Si tous ont eu le loisir de se reposer le vendredi après-midi et la matinée du samedi 28 mai, il n'en fût pas de même pour l'équipe du Sant Rafeu Auto Collection qui, grâce à l'accord de la ville de St Raphaël, a installé podium, tapis rouge, barrières et sonorisation sur la digue de la Plage du Préat, au cœur de la charmante ville de St Raphaël. De 14 à 18 h, chaque véhicule a été présenté au public venu nombreux ; le classement des véhicules a été remporté par la Bugatti ; le classement des costumes par La soirée de gala et de clôture fut rehaussée par la présence des Autorités Municipales de St Raphaël et de l'Office du Tourisme. Monsieur le Député Maire, Georges Ginesta, apporte un soutien appréciable et apprécié à cette belle épreuve : la Nationale 7 et son histoire commémorée, c'est aussi une page de l'histoire de la France moderne qui est évoquée, non seulement avec la voiture ancienne, patrimoine technologique évident, mais aussi l'histoire du transport individuel, l'ambiance des départs sur la route des vacances que l'on a pu revivre au gré de routes pittoresques et nostalgiques à travers une France merveilleuse, riche de régions si différentes.

Inscrite au calendrier des manifestations culturelles de la ville de St Raphaël et avec l'accord de la Fédération Française des Véhicules d'Epoque, Route Nationale 7 Historique est et sera toujours un voyage du Nord aux rivages de la Méditerranée et constitue le moyen le plus abouti de vivre pleinement ses passions pour l'automobile historique et le voyage qui va avec.

Il faut savoir aussi que si tous ont promis de venir l'an prochain, la liste des engagés pour 2006 était déjà quasi complète avant le départ de 2005 ! ! !

Enfin, même si la Nationale 7 a été fortement dénaturée et déviée de son tracé original, aussi dangereux que sinueux, on ne peut que pleurer sa disparition programmée. Dans le cadre de la décentralisation, l'état français va transférer aux départements 18.000 km de route mythique, dont notamment la plus populaire d'entre elles, la Nationale 7.

Cette route, qui fait partie du patrimoine français et dont la légende est née avec les congés payés, cette route si bien chantée par Charles Trenet en 1955, va perdre son appellation et se transformer en vulgaires départementales.

Cette route qui traverse la France depuis 2000 ans, perdra-t-elle son âme en même temps que son appellation ? c'est sans doute à prévoir et cela est bien triste. Le fil conducteur de cette route entre Paris et Menton était justement son titre de Nationale 7, sa légende au moins devrait survivre et, si vous êtes comme Thierry Dubois, un pur et dur de cette route, n'hésitez pas à visiter le site : www.nationale7.org et à cliquer sur « Rallye N7 été 65 ». Thierry a organisé un rallye qui reprenait intégralement le tracé original, de la Place d'Italie à Paris jusqu'au poste frontière de Menton : une aventure exceptionnelle à vivre impérativement (pour l'instant) en berline populaire et en costume d'époque : tout un symbole et une expérience indispensable à vivre.

Quoi qu'il en soit, RN7 Historique d'une part mais aussi et surtout Monsieur Nationale 7, Thierry Dubois, s'emploieront à ce que la route préférée des Français ne meure jamais. « on chante, on fête, les oliviers sont bleus ma p'tite Lisette, l'amour est là joyeux qui fait risette, on est heureux Nationale 7 » Charles Trenet.

Quelques adresses à retenir :

www.nationale7.com : le site de la Nationale 7.
www.routenostalgie.free.fr : traite de l'histoire des routes
www.memoirenationale7.org : musée « Mémoire de la Nationale 7 ».

A lire : « La Route Paris - Côte d'Azur » de Thierry DUBOIS aux Editions Drivers.
Notre contact : routenationale7historique@hotmail.com


M.D.