SAMEDI 6 DECEMBRE 2008

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SAMEDI 1 MARS 2008

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Compte-Rendu [ Samedi 6 décembre 2008 ]


C’est à Neufchateau, au coeur des Ardennes belges, que se sont donné rendez-vous une soixantaine d’équipages, ce 6 décembre, pour l’ultime manche du Championnat Fiva belge des épreuves de régularité : le bien nommé “Saint Nicolas Rallye”.

Organisé sous la banière de “Route Nationale 7 Historique”, le maître d’oeuvre de cette épreuve réputée à la fois pour sa difficulté, sa rigueur et son rythme soutenu, Robert Rorife, ne cachait pas sa satisfaction : “ils sont tous là, chaque année”.

En effet, tous les ténors de la spécialité avaient fait un déplacement qu’ils ne voudraient manquer pour rien au monde !

2 catégories étaient proposées : la catégorie “Classic”, déjà difficile avec du fléché droit et de la carte tracée, avait séduit 34 équipages et la catégorie “Expert” avec du fléché droit, des arêtes de poisson et de la carte (muette, à tracer, etc …) 23 équipages.

Du côté des experts, les meilleurs copilotes étaient au rendez-vous avec Eddy Gully, Robert Vandevorst, Philippe Mathy, Yves Thirionet, Bjorn Van Overschelde, Bauduin Halleux, Yves Nolanders, Freddy Moors, Christophe Hayez ou encore Joseph Lambert : ils ont tous gagné des rallyes importants en Belgique ou en Europe !

Côté pilotes, on retrouvait tous les habitués du championnat : Serge Adriaens et sa Volvo PV 544, Daniel Reuter sur une Porsche 914/6 particulièrement affûtée, Robert Gielen sur son inusable 911 grise, Johnny Delhez (Ford Escort RS), René Beyers (Alfa Romeo), Philippe Dupan (Mini Cooper).

Bert Dolk, ancien pilote d’usine Daf et ensuite Opel, avait fait le déplacement de Hollande avec une Ford Escort RS (ex-usine) et s’était associé pour l’occasion à Yves Nolanders.

Le jeune prodige Erwin Berkof, lui aussi Hollandais, copilotait Kurt Vanderspinnen (Ford Cortina GT). On retrouvait aussi, outre les habituelles Volvo, Porsche, Lancia Fulvia et autres BMW, la belle MG B GT V8 de Eddy D’Hoe et la sympathique Talbot Sunbeam Lotus de Philipppe Hulet et Noël Lebrun.

En catégorie “Classic”, là aussi du beau monde, habitué des épreuves historiques : Eric Van Sande et sa Volvo 444 de 1944, Willy Lux associé pour l’occasion à Michel Perrin futur copilote de Carlos Sainz au prochain Dakar argentin, Jean-Pierre Vandewauver qui passe avec bonheur du moderne à l’historique et qui pilotait la sublime Audi Quattro courte de Jojo Paisse, pour une fois à droite dans la voiture.
Son fils Julien fêtait ses 20 ans au volant de la 914/6, copiloté par Pascale, sa maman !

Quelques voitures éclectiques faisaient la joie des spectateurs : la magnifique Simca 1000 rallye de Dan Camerman et Daniel Pigeolet, la Porsche 924 des Van Heukelom père et fils, la minuscule Marcos de Paul Kawan et Dan Erculisse, ou encore la Triumph Dolomite d’Alain et Romain Dominiczak, une Fiat 850 coupé (qui sera très très “coupé” en fin d’épreuve ! ), une triumph Tr3, une nouvelle ancienne : l’Opel Monza de Michel Guldemon et Pascal Recura qui étaient venus “en rodage” d’une voiture sortant de restauration et bien préparée pour affronter la saison 2009 !
Voilà pour les acteurs !

Quant au décor, eh bien tous les ingrédients étaient réunis pour que les équipages profitent des conditions hivernales pour lesquelles ils avaient fait le déplacement !
Génie de l’organisation, Robert Rorife avait encore une fois découpé son épreuve d’une façon magistrale :

Les “Classic” s’élançaient dès 14 h 21 pour une première boucle de 100 km : ils commençaient donc de jour pour cette mise en jambe et ils allaient profiter de la neige, de la glace et du verglas avant le redoux annoncé pour la soirée.
Pendant ce temps, Robert Rorife faisait son briefing aux “Experts” qui, eux, démarraient à 15 h 41 avant que les premiers “Classics” ne rentrent.

Si la Ford Escort Mexico de Bertrand-Chapa pointe déjà en tête avec 21,2 pts suivie par la BMW 2002 de Fassin-Helas, pour d’autres, c’est déjà l’abandon : la petite Fiat 850 coupé des frères Delporte (suite à un refus de priorité qui a vraiment coupé cette brave auto qui n’en demandait pas tant !) et la Triumph TR 3 de Guiot-Serve qui ont eu un mal fou à la sortir de l’étang dans lequel elle avait mis son museau !
Alors que les “Classics” repartaient pour une 2ème étape jusque Noirefontaine sur les hauteurs de Bouillon, les “Experts” terminaient leur 1ère boucle jusqu’au même endroit.

En “Expert”, au terme de cette première étape, c’est la Ford Cortina de Kurt Vanderspinnen et du Hollandais Erwin Berkof (48 points) qui devançait de 12 points la Volvo de Adriaens-Gully et la Porsche de Reuter–Vandevorst (227 points). René Beyers, décidément malchanceux au Saint Nicolas Rallye (l’an passé, il cassait le carter d’huile), était plongé sous le capot du coupé Alfa Romeo dans la nuit froide du regroupement de Noirefontaine, à la recherche d’un éclairage qui avait complètement disparu !

C’est sous une pluie glaciale et verglaçante que les “Experts” entamaient à 19 h 50 leur 2ème étape, de Noirefontaine à Neufchateau. Alors que les “Classics”, eux, repartaient pour une 3ème et ultime étape jusqu’au lac de Neufchateau où se faisait la remise des prix.

La belle Opel Monza de Michel Guldemont et Pascal Recura avait déjà perdu une partie de ses phares dans un freinage “un peu” tardif, alors que la Triumph Tr3 de Gérard Guiot et David Serve arrivait hors délais tout en portant les stigmates de son incursion aquatique.
L’équipage, transi de froid sans la lunette arrière du hard-top, décidait de rejoindre directement l’arrivée.

Alors que les “Experts” entamaient leur 3ème étape (une boucle autour de Neufchateau), les “Classics”, rassasiés et repus de boulettes – frites – sauce tomate (une spécialté locale !), assistaient à la remise des prix qui consacrait l’équipage Jean-Paul Bertrand–Eric Chapa sur une très belle Ford Escort Mexico (222,47 pts) suivi de Bernard Jacquet–Yannick Albert sur Toyota Celica (386,03 pts)et de Serge Muraille–Louis Clarenne sur MG B GT(1369,07 pts).

Fidèle à sa réputation d’épreuve difficile, même en “Classic”, le classement consacrait 20 équipages sur 34 inscrits (8 abandons et 6 hors délais).

Alors que les “Classics” quittaient le restaurant de l’arrivée vers 22 h (au grand bonheur d’un bon nombre d’équipages néerlandophones qui avaient pas mal de route pour remonter au nord de la Belgique), les 1ers “Experts” arrivaient au terme de leur 3ème et ultime étape : et là, coup de théatre !

Alors que l’on attendait logiquement la Cortina GT de Kurt Vanderspinnen–Erwin Berkof, en tête depuis le départ avec une confortable avance de 439 pts d’avance sur la Volvo 544 de Serge Adriaens–Eddy Gully, c’est finalement ces derniers qui l’emportaient.

Erwin Berkof expliquait leur mésaventure avec son calme habituel : “nous venions de partir pour la 3ème étape et suivions la Volvo 544 de Marcel Grages et Jean-Paul Schammel. Dans le brouillard et l’obscurité, ceux-ci ont vu trop tard une route à gauche qu’il fallait prendre et ont sauté sur les freins. Nous arrivions un peu vite derrière et voilà, avec le radiateur percé et plus de phares, il était impossible de continuer…..”

Voilà qui faisait le bonheur de Daniel Reuter et Robert Vandevorst, dont le talent de l’un et de l’autre a largement fait ses preuves, et qui hissaient ainsi la Porsche 914/6 à une 2ème place inespérée. Enfin Robert Gielen et Philippe Mathy complétaient ce trio de tête avec respectivement 919,5 pts, 1580,67 pts et 1652 pts.

Des 23 engagés, 12 inscrivaient leurs noms au palmarès (5 abandons et 6 hors délais).
Philippe Mathy était d’ailleurs un peu bougon à l’encontre de ses amis de jeu puisque lors d’un contrôle horaire où 4 voitures arrivaient au pointage dans la même minute, sa Porsche étant en tête de ce convoi (et en retard comme les 3 autres !) et donc la première à s’arrêter face au contrôleur, ce pauvre Philippe s’est vu brûler la politesse par ses copains et est reparti bon dernier.

Ben oui Philippe, faire la fête jusqu’au petit matin la veille du Saint Nicolas Rallye, ça n’aide pas vraiment !

Enfin, si tous ont promis de revenir l’an prochain et ont loué la qualité de l’organisation, on ne peut que féliciter aussi José Bailly, responsable du centre de calcul, qui pour la 1ère fois au Saint Nicolas Rallye, étrennait le système des feuilles de route avec puce électronique intégrée : à chaque contrôle horaire ou épreuve de régularité, le concurrent présente sa feuille de route (une plaque de PVC avec puce intégrée) au contrôleur qui la branche sur son récepteur. A la fin de chacune des étapes, le concurrent présente sa feuille au récepteur branché au PC du centre de calcul et son classement est affiché en temps réel.

Une efficacité redoutable qui permet d’établir le classement au fur et à mesure des arrivées et le classement final au moment où la puce du dernier concurrent a été encodée et surtout qui coupe court à des réclamations pas toujours fondées ! il n’y en eut d’ailleurs aucune !

Enfin et pour en terminer, on notera que, outre un renouvellement des véhicules avec l’entrée dans le circuit des épreuves historiques de jeunes anciennes comme la Porsche 924 ou l’Opel Monza, la qualité de la restauration des voitures et leur diversité sont en hausse mais surtout que de plus en plus d’équipages roulent en famille (souvent père et fils, le plus jeune avait 13 ans ! ), essentiellement pour s’ amuser, faisant fi d’un classement où seuls les meilleurs et les plus expérimentés auront une chance de bien figurer.


Michel DARTEVELLE.